Les textes ci-dessous sont extraits de 一握の砂 Ichiaku no suna (Une poignée de sable), son premier grand recueil, dont 忘れ難き人々 Wasuregataki hitobito (ceux que l’on oublie difficilement) est la quatrième partie(éditions Arfuyen). Beaucoup de nostalgie...

 

 

 

忘れ難き人々 Wasuregataki hitobito

 

 

 

 

 

J'ai compté les années d'espérance
et je fixe mes doigts
je suis fatigué du voyage

 

*
Une enseignante

sur les lunettes un reflet
si triste

 

 

 

*
Matin après matin mon réveil

joue une ritournelle chinoise que j'aime bien
quelle pitié

 

 

 

*
Tellement amaigri

ton corps ne semble plus
qu'un bloc de révolte

 

 

 

*
La glace scintillante

un pluvier chante
- lune d'hiver sur la mer de Kushito

 

 

 

*
Au-dessus du feu
une bouteille d'encre gelée

des larmes coulent sur al braise

 

 

 

*
Le rire d'une femme

tout à coup me transperça
une nuit de saké froid dans la cuisine

 

 

 

*

 

Triste
l'empreinte de ce baiser
joyau blanc sur le bras

 

 

 

*
Dans la baie sans vagues en février

peint de blanc
un navire étranger s'avançait doucement

 

 

 

*
Dans un vieux carnet rouge

restent écrits
le lieu et l'heure de notre rencontre

 

 

 

*
Une pensée

semblable au sentiment
de socquettes sales qu'on remet

 

 

 

*
Cette femme qui pleurait dans ma chambre
était-elle souvenir d'un roman

ou de l'un de mes jours

 

 

 

*
Ces sombres prunelles

qui du monde ne buvaient que clarté
je les revois encore

 

 

 

*
Ces paroles précieuses

que je n'ai jamais dites
restent dans ma poitrine

 

 

 

*
Dans la rue une silhouette qui te ressemblait

et mon coeur s'est réjoui
Quelle tristesse à cette pensée

 

 

 

*
Une fois encore si j'entendais cette voix

totalement alors
ma poitrine s'allégerait

 

 

 

*
Parfois je pense à toi

tristesse de ce paisible coeur
qui soudain s'agite

 

 

 

*
Les années se sont amassées

depuis notre séparation
Combien tu m'es devenue chère