Les textes ci-dessous sont extraits de 一握の砂Ichiaku no suna (Une poignée de sable), son premier grand recueil, dont kemuri (fumées) est la deuxième partie (éditions Arfuyen).

 

 

 

kemuri 

 

 

 

Comme une douleur
revient un jour le souvenir du pays
tristes les fumées qui montent dans le ciel

 

*
La fumée s'élève dans l'azur
tristemetn s'éloigne
si semblable à moi

 

 

 

*
Joie, l'eau ruisselle de la pompe
un bref instant
je vois l'élan de ma jeunesse

 

 

 

*
Si tristesse
est la saveur des choses
je l'ai trop tôt goûtée

 

 

 

*
Quand tombaient les fleurs
j'étais le premier à sortir
vêtu de blanc

 

 

 

*
Ces livres qu'alors nous aimions tant
pour la plupart
ont cessé d'être lus

 

 

 

* 

 

Comme une pierre
dévale la pente
je suis arrivé à ce jour-ci

 

 

 

*
Les yeux de l'enfant mélancolique
étaient pleins d'envie
pour le vol et le chant de l'oiseau

 

 

 

*
Il venait à ma rencontre
se frayant un chemin à travers la foule
avec son bon vieux bâton

 

 

 

*
Dès le réveil la tristesse
- mon sommeil
n'est plus paisible comme autrefois

 

 

 

* 

 

Les rêves de ma femme
n'étaient autrefois que de musique
aujourd'hui elle ne chante plus

 

 

 

* 

 

Comme cerf-volant au fil coupé
l'allégresse de mes jeunes années
s'en est allée au vent

 

 

 

*
La balle
que j'avais lancée sur el toit de l'école
qu'est-elle devenue

 

 

 

* 

 

Cette pierre
au bord du chemin de mon pays
cette année encore l'herbe a dû la recouvrir

 

 

 

*
La petie musique du marchand ambulant
comme si je pouvais recueillir
ma jeunesse perdue

 

 

 

*
La douleur de quitter le pays
comme chassé à coups de pierres
jamais ne s'effacera

 

 

 

*
Le vert tendre des saules
en amont de la rivière
je le vois comme à travers des larmes

 

 

 

*
L'ample veste à fleurs rouges
je la revois encore
l'amour de mes six ans

 

 

 

*
La pluie tombe sur la ville
je me souviens des gouttes
sur les fleurs violettes des pommes de terre

 

 

 

*
Je n'ai pas oublié
dans le jardin sous la lune pâle
les blanches azalées cueillies

 

 

 

*
Je me suis tourné vers la montagne
sans un mot
les montagnes du pays sont admirables