Mayu, née à Tôkyô en 1982,  diplômée de l'université de Waseda, section littérature. 1982年東京生まれ。早稲田大学第一文学部卒業.

Ses tanka reflètent les pensées et les préoccupations d'une jeune japonaise au 21e siècle (amour, mort, actualité, désir de vivre...), l'absence de la mère, ses amours, ses réflexions sur la vie en général.

Divagations sur la vie quotidienne

やらなくちゃいけないことはあるけれど
やらないことを[暇だね]と言う

yaranakucha ikenai kotowa aru keredo
yaranaikoto o [himadane] to iu

Il y a toujours beaucoup à faire
comme on ne le fait pas
On dit "j'ai du temps libre"

La nécessité du téléphone portable

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

傍にいて遠いと感じる君の顔
携帯に捧ぐ安い微笑み

soba ni ite tooi to kanjiru kimi no kao
keitai ni sasagu yasui hohoemi

tu es à côté de moi
ton visage semble lointain
tu souris négligemment vers ton portable

 

L'animal

 

 

 

自らの死を受け入れた道端の
猫は静寂をニャオと切り裂く

mizukara no shi o ukeireta michi bata no
neko wa shijima o niao to kirisaku

 

 

 

 

 

 

 

sur le bord de la route
un chat qui a accepté sa mort
miaou !
son cri perçant déchire le silence

 

 

 

La famille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

あの女の記憶になろう私たち
父が確かに愛した母の

ano hito no kioku ni narou watashitachi
chichi ga tashikani aishita haha no

on va devenir le souvenir de cette femme
que notre père a véritablement aimé

 

Essai sur l'amour

 

あなたとの時間で広がるブラックホール
[別れる] だとか[退屈] だとか

 

 

anata to no jikande hiroigaru burakku horu
"wakareru" datoka "taikutsu" datoka

 

le temps passé avec toi
fait s'élargir le trou noir
"se séparer" ou "s'ennuyer"

*

 

 

 

 

 

 

君ん家に置きっぱなしの小説は
二人がヨリを戻す口実

kimin chi ni okippanashi no shôsetsuwa
futari ga yori o modosu kôjitsu

les romans que j'ai laissés chez toi
sont un prétexte pour nous réconcilier

Vivre

何時も一人涙で染めてた夕暮れは
今は遥かなノスタルジア

itsumo hitori namidade someteta yûkure wa
imawa harukana nostalagia

toujours seule,
les larmes me montaient aux yeux chaque soir
maintenant, c'est déjà une lointaine nostalgie

*

銃創に気づかず今も飛んでいる
すつかり体 穴ぼこだらけで

 

jyûsô ni kizukazu imamo tonde iru
sutsukari karada anabokodarakede

on ne se rend pas compte de ses blessures
le corps criblé de trous
on continue de voler

* [/1] Bunboichi [Dénominateur UN !] est traduit par Akiko Agui, Irène Bogdanovic (2007). ISBN978-4-434-10484-8