Santoka (1883-1940), moine et poète, buveur occasionnel, pratique la mendicité et la simplicité. Ses haïkus résonnent de mots plusieurs fois répétés (boutons d'or, cerisier, pissenlit, coucou, riz, etc.), comme une incantation, il joue avec les sonorités et les oppositions. Quelque soit la situation, il prend plaisir à son environnement.

 

 

 

 

あるけばきんぽうげ  すわればきんぽうげ
arukeba kinpôge  suwareba kinpôge

marcher sur les boutons d'or
m'asseoir sur les boutons d'or

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さくらさくら さくさくら ちるさくら
sakura sakura saku sakura chiru sakura

cerisiers cerisiers
cerisiers en fleurs
cerisiers dispersés

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ふまれてたんぽぽ ひらいてなんぽぽ
fumarete tanpopo hiraite tanpopo

écrasé le pissenlit
ouvert le pissenlit

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あるけばかつこう いそげばかつこう
arukeba katsukô isogeba katsukô

marcher au chant du coucou
me presser au chant du coucou

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しみじみ食べる  飯ばかりの 飯である
shimijimi taberu meshi bakari no meshi de aru

je mange tranquillement du riz
un simple repas de riz

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もりもりもりあがる 雲へ歩む
mori mori mori agaru  kumo e ayumu

je marche vers les nuages
qui montent montent lentement

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ふくろうはふくろうで
わたしはわたしでねむれない
fukurô wa fukurô de
watashiwa watashide nemurenai

chouette et chouette
moi et moi insomniaque

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安か安か 寒か寒か 雪雪
yasuka yasuka samuka samuka yuki yuki

tranquille et tranquille
froid et froid
neige et neige

* Libre interprétation de neko, la traduction est particulièrement difficile dans ce genre de cas.
Extraits de Santoka, Zen à pas comptés (Éditions Arichi, 2008).