21-02-2010

Haïkus, etc. suivi de 43 secondes

Philippe Forest écrit :

[…] Une deuxième idée fausse concerne l’isolement total qui entourerait le haïku. Elle tient à la manière dont ces poèmes nous parviennent le plus souvent en Occident, cités solitairement ou bien recueillis dans des anthologies qui effacent tout du contexte dans lequel ces textes furent originellement insérés1. Le lecteur occidental s’imagine ainsi que le haïku se suffit à lui-même, qu’il ne se rapporte à rien qui lui soit extérieur. Il en déduit qu’il est solidaire d’une esthétique obsidionale de l’expression littéraire. Rien n’est plus erroné également. Au lieu d’opposer prose et poésie, la littérature japonaise les conçoit ensemble. La prose intègre en elle-même le poème qui le suspend. Le poème appelle à lui la prose qui l’enveloppe. […]

Plus loin, il ajoute […] Pour ma part, je ne connais qu’un écrivain occidental à l’avoir compris et avoir produit dans l’une de nos langues quelque chose qui s’en approche. Il s’agit de Jack Kerouac dans The Dharma Bums.

1. référence aux journaux poétiques de Bashô et Issa : Oku no hosomichi pour Bashô et Ora ga haru pour Issa.

Éditions Cécile Defaut, 2008. ISBN 978-2-35018-0668-7

Posté par chichin à 07:38 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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