09-05-2011

Le 8 mai

Le 8 mai commémore aussi les cent cinquante ans de la naissance du grand poète bengali, Rabindranath Tagore. Une amie organise une après-midi lecture en bengali anglais et français, et nous goûtons à son thé sous le charme des mots d'amour chantés dans une langue chuintante aux sonorités agréables.

le thé
de Tagore
à la cardamone

~

de Ronsard
à Tagore
la même cueillette*

Un voyage dans une langue à la fois connue et inconnue. Suis-je arrivée à ma porte après avoir frappé à toutes les autres, pour le citer (... Le voyageur doit frapper à toutes les portes avant de parvenir à la sienne). Une poésie qui occupe son univers d'un rien, conscient de la moindre petite chose, d'une fleur qui s'ouvre ou se fane ; une expression culturelle différente du haïku, mais qui dit la même chose.

* Offrande Lyrique :
Cueille cette frêle fleur, prends-la vite! de crainte qu'elle ne se fane et ne s'effeuille dans la poussière.

S'il n'y a point place pour elle dans ta guirlande, fais-lui pourtant l'honneur du contact douloureux de ta main; cueille-la. Je crains que le jour ne s'achève avant que je ne m'en doute et que le temps de l'offertoire ne soit passé.

Bien que sa couleur soit discrète et que timide soit sa senteur, prends cette fleur à ton service et cueille-la tandis qu'il en est temps.  

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20-07-2010

Le jardinier d’amour, de Tagore

Le jardinier d’amour, VI

L’oiseau apprivoisé était dans une cage ; l’oiseau sauvage était dans la forêt.

Le sort les fit se rencontrer. L’oiseau sauvage crie : Oh ! mon amour, volons vers le bois.

L’oiseau apprivoisé murmure : Viens ici, vivons ensemble dans la cage.

Parmi ces barreaux, où y aurait-il place pour étendre mes ailes ? dit le libre oiseau. Hélas ! s’écrie le prisonnier, je ne saurais où me poser dans le ciel.

Mon bien-aimé, viens chanter les chants des forêts. — Reste près de moi. Je t’enseignerai une musique savante.

L’oiseau des forêts réplique : Non, non ! Les chants jamais ne se peuvent enseigner.

L’oiseau en cage dit : Hélas ! Je ne sais pas les chants des forêts.

Ils ont soif d’amour, mais jamais ils ne peuvent voler aile à aile.

A travers les barreaux de la cage ils se regardent, et vain est leur désir de se connaître

Ils battent des ailes et chantent : Viens plus près mon amour !

Le libre ailé s’écrie : Je ne puis, je crains les portes fermées de ta cage.

Hélas ! dit le captif, mes ailes sont impuissantes et mortes.

Posté par chichin à 07:48 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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